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Vendredi 3 septembre 2010 St Grégoire

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Les grands principes du confucianisme

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Initiation au confucianisme

C’est en Chine qu’est née cette religion qui regroupe aujourd’hui plus de six millions de personnes dont la quasi-totalité réside en Asie et plus spécialement en Chine. Fondée sur l’enseignement du philosophe Confucius, le confucianisme est à la fois une philosophie, une morale et une religion.

Avant de commencer

Le confucianisme est très vite devenu une religion d'état, sous la dynastie des Hans, 206 av. J.-C.–220 apr. J.-C. Pendant des siècles, chaque centre administratif dispose d'un temple confucéen et les fonctionnaires sont tenus d'organiser des cérémonies rituelles ainsi que d'étudier les textes confucéens. Bien qu'en 1912, le culte confucéen soit interdit par les autorités chinoises, Confucius est encore aujourd'hui l'objet d'une grande vénération en Chine.

Confucius, un homme à l'origine d'une religion

Temple confucéen en Corée : Le confucianisme s'est répandu en Asie à partir de la Chine : au Japon, au Vietnam, notamment. En Corée du Sud, il s'est implanté dès le début de l'ère chrétienne sous le nom de Yukyo.

Temple confucéen en Corée : Le confucianisme s'est répandu en Asie à partir de la Chine : au Japon, au Vietnam, notamment. En Corée du Sud, il s'est implanté dès le début de l'ère chrétienne sous le nom de Yukyo.

Sa vie : Confucius est né dans la région du Shandong en 551 avant Jésus-Christ. D'abord enseignant privé, il élabore un système politique, moral et philosophique qui le mène aux plus hautes fonctions de l'état.
  • En 498, il devient l'équivalent d'un ministre de la Justice, mais, victime d'intrigues, il doit renoncer à ce poste quatre ans après.
  • Il va utiliser les quatorze ans d'exil qui vont suivre pour s'adjoindre des disciples et diffuser ses idées dans tout le pays.
  • En 483, il est de retour dans sa ville natale où il mène une vie retirée consacrée à l'étude jusqu'à sa mort, en 479 avant Jésus-Christ.
    Selon Confucius, son époque est une période obscure de pouvoir féodal, de déclin du pouvoir politique central et de décadence morale.
    • Prenant pour modèle l'époque des empereurs de la Chine ancienne, il réinterprète et codifie son héritage spirituel et moral pour trouver une norme de comportement humain.
    • Il constitue alors une religion avec un système rituel et une doctrine morale et sociale.
    • Si le confucianisme est une religion applicable à chaque individu, il pose également les bases d'un système politique.

Les principes de la morale confucéenne

Xunzi, le versant pessimiste du confucianisme

Xunzi (298 ?–238 av. J.-C.) est également un disciple de Confucius.
Contrairement à Mencius qui défend l'idée d'un homme naturellement bon, Xunzi soutient que la nature de l'homme est mauvaise.
Selon lui, c'est au prix d'une éducation sévère et d'une discipline morale stricte qu'on peut espérer voir l'homme se comporter correctement.
Dans cette acception, le confucianisme tend à se rigidifier, requérant plus l'obéissance que la réflexion.
La pensée de Confucius est une philosophie humaniste dans laquelle la réforme de la collectivité n'est possible que si elle commence par la réforme de chaque individu puis de sa famille.
  • Dans cette optique, chaque homme doit donc s'efforcer d'acquérir la richesse intérieure nécessaire. La vertu est à la portée de tous car l'homme n'est ni bon ni mauvais de nature, c'est à lui qu'appartient le choix de sa vie.
  • Pour atteindre la noblesse spirituelle, Confucius recommande de suivre deux principes essentiels : le li et le ren.
    • Le li est l'harmonie entre les hommes et dans le monde. Il détermine les devoirs de chaque homme, envers les autres hommes et envers les êtres spirituels supérieurs.
    • Le ren représente la bonté, l'humanité, la charité que l'homme doit avoir vis-à-vis de ses semblables selon une hiérarchie très précise qui va de l'individu à la famille, à l'état, à l'humanité. Très peu de personnes parviennent à atteindre le ren, vertu suprême qui fait de l'individu un homme supérieur.

Une religion fixée et une philosophie évolutive

Confucius et la musique

Aux yeux de Confucius, la musique était très importante parce qu'elle symbolisait l'ordre et l'harmonie et permettait d'exprimer les sentiments les plus nobles. La musique telle qu'elle existait à l'époque de Confucius, appelée « musique classique confucéenne », est encore pratiquée en Asie et plus particulièrement en Corée.
Après la mort de Confucius, ses disciples se chargent de transmettre les idées du philosophe. Assez rapidement, la religion confucéenne est fixée dans ses rites et sa pratique. Confucius et ses principaux disciples sont canonisés par leurs successeurs et des temples leurs sont consacrés.
En revanche, la philosophie confucéenne va faire l'objet d'approfondissements, d'abord par l'intermédiaire de Mencius, principal disciple de Confucius. Alors que Confucius avait surtout insisté sur la justice et les vertus de l'homme, Mencius se concentre sur les systèmes d'économie politique et tente de déterminer ce que serait une économie raisonnable. Les pensées de Mencius auront des répercussions importantes non seulement en Chine, mais aussi en Occident où elles arrivent par l'intermédiaire des jésuites.
Tout au long de son histoire, le confucianisme a continué d'inspirer des hommes de pouvoir, des religieux et des philosophes. Encore au XXe siècle, Kang Youwei a interprété le confucianisme dans une acception purement religieuse, tandis que Liang Qishao s'est attaché à l'aspect politique et social.

En savoir plus

En étant fidèle aux textes fondateurs du confucianisme, on peut lire les Entretiens de Lunyu. Il présente simplement les grands thèmes de la pensée confucéenne et permet de découvrir un portrait très vivant du philosophe. Pour une vision plus globale et plus synthétique, le livre Confucius de Pierre Do-Dinh (Maîtres spirituels) constitue une première approche assez complète.