Dans dix ans, une entreprise sans RSE n’existera pas

Toutapprendre • 14 juin 2021

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) autrement dit l'intégration de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités apparaît comme étant de plus en plus stratégique, car répondant aux aspirations de tous. Ainsi, que ce soit au sein de structures importantes comme plus modestes, elle gagne du terrain pour le meilleur et pour le meilleur ! 


Instaurer une politique RSE, serait-ce devenu incontournable ? Elle offre, en effet, de nombreux bénéfices non négligeables comme l’amélioration de l’image de l’entreprise, un meilleur investissement des salariés, une manière de se distinguer de la concurrence, une plus grande maîtrise des coûts et des économies en matière d’énergies renouvelables. Sans parler du fait qu’elle procure en moyenne un gain de performance de près de 13 % par rapport aux entreprises qui ne l’introduisent pas dans leurs démarches d’entreprise (étude France Stratégie). Ce serait dommage de faire l’impasse. 

 

RSE : la clé à la survie des entreprises

Bien qu’il y ait encore des efforts à faire, seulement 30 % des organisations disaient en 2018 avoir mis en œuvre de telles actions, on note néanmoins quelques avancées puisque 70 % des entreprises sont conscientes qu’elles doivent devenir sociétales (Source : Deloitte, Tendances RH 2018). Pour celles déjà impliquées dans la démarche, elles affichent la volonté d’aller plus loin. En effet 53 % des DRH prévoient de renforcer les actions RSE cette année, contre 27 % en 2020 (Source : ANDRH-Sept 2020). Cela devient pour certains une donnée stratégique comme l’explique Hélène Valade, présidente de l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises : « Au sein de l’ORSE, nous voyons bien que certains métiers souffrent, mais c’est grâce à la prise en compte des enjeux éco-environnementaux qu’ils vont survivre ».


Un vent RSE souffle au sein de tous les acteurs économiques

Tout pousse les entreprises à prendre le tournant RSE. À commencer par les pouvoirs publics. Il y a quatre ans déjà, Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique et solidaire souhaitait que l’Économie sociale et solidaire « devienne la norme ». Le marché de son côté regarde de près cette donnée. Depuis 2017, les entreprises de plus 500 salariés sont en effet soumises à l’obligation de déclarer leur performance extrafinancière, afin de permettre à leurs actionnaires de prendre leurs décisions en fonction de l’impact social et environnemental des activités.   Elles doivent également établir un bilan de leurs émissions de gaz à effet de serre. Plus récent, le 22 mars dernier était créé par Euronext, le CAC40 ESG, qui regroupe les quarante sociétés qui ont démontré les pratiques les plus exemplaires du point de vue environnemental, social et de gouvernance (ESG), est également révélateur des attentes des investisseurs et du marché en faveur d’une finance plus durable. Les salariés semblent eux aussi sensibles à la question. Dans les entreprises où il existe une fonction ou un service RSE, 83 % des salariés indiquent aussi « avoir plaisir à travailler » dans leur entreprise, contre seulement 64 % dans les entreprises qui n’en sont pas dotées. (L’édition 2020 du baromètre de perception de la RSE publiée par le Medef) Ils sont plus de la moitié (55 %) à déclarer que l’engagement social ou environnemental est un critère d’attraction plus important que le salaire… et ce chiffre grimpe à 76 % chez les millenials. Une politique RSE engagée devient un réel argument pour séduire et retenir les talents. Ainsi la preuve est faite qu’il sera difficile à l’avenir de se priver d’actions RSE…

 

Le CSE, partenaire de la RSE

Pour les mettre en place et veiller à leurs applications, il faut compter sur les salariés, premiers concernés sur la question des conditions de travail, de la diversité, de la mixité, de la lutte contre les discriminations, également sur les syndicats qui veillent à ce que les chartes, les codes de bonnes conduites ne soient pas simplement des effets de communication et bien évidemment sur les CSE, qui se sont vu attribuer en avril 2021 de nouvelles prérogatives. Les députés ont validé, dans le cadre de l’examen du projet de loi climat, un texte qui prévoit de les étendre à la transition écologique. Le CSE sera notamment "informé et consulté sur les conséquences environnementales" de l'ensemble des mesures faisant l'objet d'une information-consultation.


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La charge mentale au travail ne relève ni du ressenti individuel ni d’un sujet de “bien-être” accessoire. Elle s’inscrit pleinement dans le champ des risques psychosociaux (RPS) et engage directement les responsabilités de l’employeur et du CSE en matière de prévention , de santé et de conditions de travail . Pour les élus de CSE et les professionnels RH, l’enjeu n’est pas seulement d’alerter, mais de structurer une démarche solide , juridiquement fondée, intégrée aux outils obligatoires et orientée vers l’organisation réelle du travail. Comprendre la charge mentale : bien plus que du stress Une surcharge cognitive durable La charge mentale correspond à l’effort cognitif, organisationnel et émotionnel nécessaire pour accomplir son travail. Elle augmente lorsque les exigences dépassent durablement les marges de manœuvre réelles du salarié. Selon ANACT, elle résulte notamment de : la densification du travail, la multiplication des interruptions, des priorités floues ou contradictoires, des outils numériques inadaptés, une pression temporelle constante. 👉 Elle se distingue du stress ponctuel par son caractère structurel et cumulatif . Source : https://www.anact.fr/charge-mentale-et-charge-de-travail Des risques avérés pour la santé et l’organisation Impacts pour les salariés Une charge mentale excessive peut entraîner : fatigue chronique et troubles du sommeil, perte de concentration, anxiété, irritabilité, épuisement professionnel. INRS rappelle que les RPS ont des effets documentés sur la santé mentale et physique. Source : https://www.inrs.fr/risques/psychosociaux.html Impacts pour l’entreprise À l’échelle collective, la surcharge mentale favorise : absentéisme, désengagement, erreurs, conflits, turnover. C’est précisément pour ces raisons qu’elle relève des missions du CSE. Intégrer la charge mentale dans le DUERP : une obligation légale Le DUERP, socle de la prévention Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est la pierre angulaire de la prévention. Depuis la loi Santé au travail du 2 août 2021, il doit intégrer l’ensemble des risques , y compris psychosociaux, et être mis à jour régulièrement . La charge mentale ne peut donc pas rester hors du DUERP. Comment l’inscrire concrètement Erreur fréquente : inscrire une ligne vague du type “stress”. Bonne pratique : décrire les situations de travail réelles , par exemple : interruptions fréquentes (mails, messageries, sollicitations orales), surcharge informationnelle, délais incompatibles avec la qualité attendue, outils numériques instables ou multiples, injonctions contradictoires, intensification du travail à effectif constant. 👉 Plus le risque est décrit factuellement, plus il devient actionnable . Le rôle du CSE Le CSE est consulté sur les mises à jour du DUERP . Il peut : demander des compléments, contester une sous-évaluation, proposer des actions de prévention. Cadre légal : Code du travail, article L.4121-1 https://www.legifrance.gouv.fr CSE et CSSCT : organiser le travail pour être efficace Le rôle spécifique de la CSSCT Dans les entreprises d’au moins 300 salariés (ou par accord), la CSSCT prépare les travaux du CSE sur la santé, la sécurité et les conditions de travail. Sur la charge mentale, elle permet : une analyse approfondie, des auditions ciblées, la préparation de propositions structurées. Une articulation claire La CSSCT instruit . Le CSE délibère et vote . Déléguer l’instruction n’affaiblit pas le CSE, cela renforce la qualité des décisions. De la QVT à la QVCT : pourquoi la lettre “C” change tout Depuis l’ANI de 2020 et la loi de 2021, le cadre de référence est la QVCT – Qualité de Vie et des Conditions de Travail . Ce changement marque un recentrage : moins d’actions périphériques, plus de travail sur l’organisation réelle, les outils, les processus. 👉 La charge mentale est un sujet cœur de QVCT , pas un gadget. Objectiver la charge mentale : des outils de référence Le rapport Gollac Le rapport Gollac identifie six facteurs de RPS, dont plusieurs liés à la charge mentale : intensité et temps de travail, exigences émotionnelles, autonomie, rapports sociaux, conflits de valeurs, insécurité socio-économique. Source : https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_gollac.pdf Le modèle de Karasek Il mesure l’équilibre entre : demande psychologique, latitude décisionnelle (autonomie). Une forte demande avec peu d’autonomie est un facteur clé de surcharge. Source INRS : https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ED%206143 Le modèle de Siegrist Il analyse le déséquilibre entre : efforts fournis, récompenses (reconnaissance, perspectives). Source INRS : https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ED%206141 👉 Ces outils sont couramment utilisés dans les expertises RPS. Alerter, oui… mais au bon niveau juridique Les différents niveaux d’alerte Inscription à l’ordre du jour : discussion, demandes d’explication. Droit d’alerte atteinte aux droits : situations individuelles graves. Droit d’alerte danger grave et imminent (DGI) : à utiliser avec prudence, uniquement en cas de risque immédiat (ex. risque suicidaire). L’expertise pour risque grave Le CSE peut voter une expertise pour risque grave afin d’analyser l’organisation du travail et la charge mentale. Financement majoritairement à la charge de l’employeur. Télétravail : une charge mentale plus invisible À distance : les signaux faibles disparaissent, la surcharge est souvent réduite au temps de connexion, l’isolement augmente. Le rôle du CSE est de vérifier que les accords de télétravail intègrent : des mécanismes de suivi de la charge réelle, des temps de régulation collective, des règles claires de déconnexion. Source : https://www.anact.fr/teletravail-et-risques-psychosociaux Les risques psychosociaux liés à la fonction d’élu du CSE Une exposition spécifique aux RPS Être élu du CSE expose à : une surcharge cognitive (complexité juridique), des exigences émotionnelles élevées, des conflits de rôles (salarié / représentant), une pression temporelle constante, parfois une faible reconnaissance. Ces facteurs correspondent directement aux dimensions du rapport Gollac. La double contrainte salarié / élu La majorité des élus doivent : maintenir leur performance professionnelle, exercer leur mandat, répondre aux sollicitations des salariés, se former en continu. Cette double contrainte est un facteur classique de surcharge mentale. Les élus sont aussi couverts par la prévention Les principes de prévention s’appliquent à tous les salariés , y compris aux représentants du personnel. La charge mentale liée au mandat peut donc : être intégrée au DUERP, donner lieu à des mesures de prévention collective. Exemples : respect strict des heures de délégation, meilleure répartition des rôles, recours à des experts, reconnaissance explicite du rôle d’élu. Le paradoxe du CSE : prévenir sans s’épuiser Un point de vigilance : le CSE peut lui-même devenir un espace générateur de RPS si : les sujets lourds s’accumulent sans hiérarchisation, la charge émotionnelle n’est pas régulée, les élus ne posent pas de limites. Une prévention crédible passe aussi par une réflexion sur la charge mentale collective du CSE . Parce qu'une image vaut mille mots on vous a résumé ça en une infographie :
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