6 astuces pour mieux vivre le télétravail

Toutapprendre • 24 avril 2021

Valentin Lemoine, psychologue clinicien, expert de la prévention tertiaire au sein du groupe JLO, spécialiste de la QVT donne ici quelques « astuces » pour vivre au mieux cette période. Il reste également à l’écoute des abonnés à l’offre Services de Toutapprendre.


À ce jour, 37 % des salariés sont en télétravail à 100 % (étude Harris Interactive pour le Ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion/avril 2021 ).   Alors qu'un déconfinement s'annonce, la question de prolonger ou non cette pratique se pose aujourd'hui. Un soulagement pour certains qui vivent mal la situation. En mars dernier, 45 % des actifs affirmaient se trouver dans une situation de détresse psychologique, 36 % se disaient même en dépression (Baromètre Opinion Way).  En attendant, voici quelques astuces pour vivre le télétravail sereinement.

Se créer un espace de travail dédié

Dans la mesure du possible, il est préférable de scinder les espaces autrement dit avoir un endroit exclusivement dédié au travail. Si le logement ne le permet pas, on peut également s’octroyer une place sur la table familiale par exemple.


Favoriser les échanges en visio

Contrairement à l’émail ou les textos, les moyens de communication interactifs tels la visio ou même les appels téléphoniques restent les meilleures façons de conserver le lien humain.


Organiser son emploi du temps

On peut commencer par se donner un objectif par demi-journée. Un objectif atteignable pour éviter la démotivation sur le long terme. Il vaut mieux varier les tâches et ne pas se laisser distraire par des considérations d’ordre personnelles. Pourquoi ne pas s’octroyer une plage de deux bonnes heures de travail par exemple puis faire une pause pour, si besoin, étendre une machine ? En effet, interrompre trop régulièrement une tâche professionnelle par une tâche ménagère n’est pas une bonne idée, cela peut engendrer une dispersion cognitive, et donc un manque de concentration.


S’imposer des pauses

C’est essentiel. On peut par exemple contacter des collègues et se faire une « pause » par écrans interposés. On peut également aller marcher dix ou quinze minutes à l’heure du déjeuner, histoire de s’extraire de son espace de travail. Toutes les heures, afin de « reposer » ses yeux, il est conseillé de regarder au loin à sept mètres au minimum.


Apaiser ses niveaux d’exigence

L’essentiel en cette période, reste de se faire du bien, et si cela passait avant par aller au cinéma, ou au restaurant, par exemple, il faut essayer de trouver des biais plus faciles d’accès. Il faut éviter de se dire « j’ai besoin de ça et rien d’autre », et garder une ouverture d’esprit. Il vaut mieux faire quelque chose que de ne rien faire du tout.


Identifier ses ressources personnelles

Cette situation constitue une forme d’épreuve. L’idée est donc d’identifier les ressources qu’on a déployées pour surmonter des problèmes passés. C’est propre à chacun. La consultation avec un psychologue  peut évidemment aider à discerner ces ressorts.

 

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La charge mentale au travail ne relève ni du ressenti individuel ni d’un sujet de “bien-être” accessoire. Elle s’inscrit pleinement dans le champ des risques psychosociaux (RPS) et engage directement les responsabilités de l’employeur et du CSE en matière de prévention , de santé et de conditions de travail . Pour les élus de CSE et les professionnels RH, l’enjeu n’est pas seulement d’alerter, mais de structurer une démarche solide , juridiquement fondée, intégrée aux outils obligatoires et orientée vers l’organisation réelle du travail. Comprendre la charge mentale : bien plus que du stress Une surcharge cognitive durable La charge mentale correspond à l’effort cognitif, organisationnel et émotionnel nécessaire pour accomplir son travail. Elle augmente lorsque les exigences dépassent durablement les marges de manœuvre réelles du salarié. Selon ANACT, elle résulte notamment de : la densification du travail, la multiplication des interruptions, des priorités floues ou contradictoires, des outils numériques inadaptés, une pression temporelle constante. 👉 Elle se distingue du stress ponctuel par son caractère structurel et cumulatif . Source : https://www.anact.fr/charge-mentale-et-charge-de-travail Des risques avérés pour la santé et l’organisation Impacts pour les salariés Une charge mentale excessive peut entraîner : fatigue chronique et troubles du sommeil, perte de concentration, anxiété, irritabilité, épuisement professionnel. INRS rappelle que les RPS ont des effets documentés sur la santé mentale et physique. Source : https://www.inrs.fr/risques/psychosociaux.html Impacts pour l’entreprise À l’échelle collective, la surcharge mentale favorise : absentéisme, désengagement, erreurs, conflits, turnover. C’est précisément pour ces raisons qu’elle relève des missions du CSE. Intégrer la charge mentale dans le DUERP : une obligation légale Le DUERP, socle de la prévention Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est la pierre angulaire de la prévention. Depuis la loi Santé au travail du 2 août 2021, il doit intégrer l’ensemble des risques , y compris psychosociaux, et être mis à jour régulièrement . La charge mentale ne peut donc pas rester hors du DUERP. Comment l’inscrire concrètement Erreur fréquente : inscrire une ligne vague du type “stress”. Bonne pratique : décrire les situations de travail réelles , par exemple : interruptions fréquentes (mails, messageries, sollicitations orales), surcharge informationnelle, délais incompatibles avec la qualité attendue, outils numériques instables ou multiples, injonctions contradictoires, intensification du travail à effectif constant. 👉 Plus le risque est décrit factuellement, plus il devient actionnable . Le rôle du CSE Le CSE est consulté sur les mises à jour du DUERP . Il peut : demander des compléments, contester une sous-évaluation, proposer des actions de prévention. Cadre légal : Code du travail, article L.4121-1 https://www.legifrance.gouv.fr CSE et CSSCT : organiser le travail pour être efficace Le rôle spécifique de la CSSCT Dans les entreprises d’au moins 300 salariés (ou par accord), la CSSCT prépare les travaux du CSE sur la santé, la sécurité et les conditions de travail. Sur la charge mentale, elle permet : une analyse approfondie, des auditions ciblées, la préparation de propositions structurées. Une articulation claire La CSSCT instruit . Le CSE délibère et vote . Déléguer l’instruction n’affaiblit pas le CSE, cela renforce la qualité des décisions. De la QVT à la QVCT : pourquoi la lettre “C” change tout Depuis l’ANI de 2020 et la loi de 2021, le cadre de référence est la QVCT – Qualité de Vie et des Conditions de Travail . Ce changement marque un recentrage : moins d’actions périphériques, plus de travail sur l’organisation réelle, les outils, les processus. 👉 La charge mentale est un sujet cœur de QVCT , pas un gadget. Objectiver la charge mentale : des outils de référence Le rapport Gollac Le rapport Gollac identifie six facteurs de RPS, dont plusieurs liés à la charge mentale : intensité et temps de travail, exigences émotionnelles, autonomie, rapports sociaux, conflits de valeurs, insécurité socio-économique. Source : https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_gollac.pdf Le modèle de Karasek Il mesure l’équilibre entre : demande psychologique, latitude décisionnelle (autonomie). Une forte demande avec peu d’autonomie est un facteur clé de surcharge. Source INRS : https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ED%206143 Le modèle de Siegrist Il analyse le déséquilibre entre : efforts fournis, récompenses (reconnaissance, perspectives). Source INRS : https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ED%206141 👉 Ces outils sont couramment utilisés dans les expertises RPS. Alerter, oui… mais au bon niveau juridique Les différents niveaux d’alerte Inscription à l’ordre du jour : discussion, demandes d’explication. Droit d’alerte atteinte aux droits : situations individuelles graves. Droit d’alerte danger grave et imminent (DGI) : à utiliser avec prudence, uniquement en cas de risque immédiat (ex. risque suicidaire). L’expertise pour risque grave Le CSE peut voter une expertise pour risque grave afin d’analyser l’organisation du travail et la charge mentale. Financement majoritairement à la charge de l’employeur. Télétravail : une charge mentale plus invisible À distance : les signaux faibles disparaissent, la surcharge est souvent réduite au temps de connexion, l’isolement augmente. Le rôle du CSE est de vérifier que les accords de télétravail intègrent : des mécanismes de suivi de la charge réelle, des temps de régulation collective, des règles claires de déconnexion. Source : https://www.anact.fr/teletravail-et-risques-psychosociaux Les risques psychosociaux liés à la fonction d’élu du CSE Une exposition spécifique aux RPS Être élu du CSE expose à : une surcharge cognitive (complexité juridique), des exigences émotionnelles élevées, des conflits de rôles (salarié / représentant), une pression temporelle constante, parfois une faible reconnaissance. Ces facteurs correspondent directement aux dimensions du rapport Gollac. La double contrainte salarié / élu La majorité des élus doivent : maintenir leur performance professionnelle, exercer leur mandat, répondre aux sollicitations des salariés, se former en continu. Cette double contrainte est un facteur classique de surcharge mentale. Les élus sont aussi couverts par la prévention Les principes de prévention s’appliquent à tous les salariés , y compris aux représentants du personnel. La charge mentale liée au mandat peut donc : être intégrée au DUERP, donner lieu à des mesures de prévention collective. Exemples : respect strict des heures de délégation, meilleure répartition des rôles, recours à des experts, reconnaissance explicite du rôle d’élu. Le paradoxe du CSE : prévenir sans s’épuiser Un point de vigilance : le CSE peut lui-même devenir un espace générateur de RPS si : les sujets lourds s’accumulent sans hiérarchisation, la charge émotionnelle n’est pas régulée, les élus ne posent pas de limites. Une prévention crédible passe aussi par une réflexion sur la charge mentale collective du CSE . Parce qu'une image vaut mille mots on vous a résumé ça en une infographie :
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